Séminaire commun IAO-IrAsia
Julie Gary – Esthétique naturaliste d’une pratique insolite : le sifflement (xiao 嘯) en Chine médiévale
Résumé : Durant la période dite médiévale subséquente à la chute de la dynastie Han (220), la Chine connaît de violents bouleversements politiques, qui affectent en profondeur les idées et pratiques sociales, morales, intellectuelles ou artistiques jusqu’alors en vigueur dans le monde lettré. Une vogue insolite fait son apparition : le sifflement (xiao 嘯), qui se signale comme phénomène culturel singulier de la période Wei-Jin (IIIe-IVe s.).
Cette communication retracera la trajectoire du sifflement depuis les milieux chamaniques jusqu’aux milieux lettrés, en montrant comment, dans une réappropriation originale, ces derniers en diversifient les usages et significations : technique d’entretien du principe vital, expression d’états d’âmes variés, marque d’excentricité ou d’insoumission, alternative à la communication discursive, et même forme musicale, autant de déclinaisons de ce qu’on pourrait appeler une « esthétique naturaliste », emblématique de cette époque.
Ancienne doctorante de l’ENS Lyon, Julie Gary-Bonte (Aix-Marseille université, IRASIA, CRCAO) est maître de conférences en langue et civilisation chinoises anciennes. Ses recherches portent sur les conceptions et les pratiques de la musique en Chine ancienne et médiévale. Elle est également traductrice et s’apprête à publier un premier volume de travaux issus de sa thèse (à paraître aux éditions des Belles Lettres en mars 2026).
Chen Lin – La poétique du vide chez Wang Wei : espace, résonance et traduction
Résumé : La poésie shanshui chinoise, profondément enracinée dans l’idéal d’harmonie entre l’homme et la nature, incarne l’idée d’une « demeure poétique ». Chez Wang Wei 王維 (701–761), figure emblématique de cette tradition, cette harmonie trouve son souffle dans la poétique du vide — un vide qui n’est ni néant ni simple absence, mais un espace d’ouverture et de résonance, d’où naît la respiration même du poème. C’est cette poétique du vide qui fait de Wang Wei, pour de nombreux lecteurs et traducteurs, « l’homme dans la montagne vide » : à la fois ermite et sage, écoutant le chant des oiseaux, contemplant les nuages qui s’élèvent.
Cette communication prend le vide comme fil conducteur pour explorer les correspondances entre texte, image et son dans la poésie de Wang Wei, ainsi que les perspectives qu’elles ouvrent pour la traduction et aux dialogues intermédiatiques.
Lin CHEN est doctorante à l’Université d’Aix-Marseille, rattachée à l’Institut de Recherches Asiatiques (IrAsia). Elle prépare une thèse sous la direction du professeur Pierre Kaser, consacrée à la poétique et aux traductions en langue française de la poésie shanshui de Wang Wei 王維 (701–761). Elle a également été maître de langue et est actuellement chargée de cours au sein du département d’études asiatiques de l’Université d’Aix-Marseille.
Pierre Kaser – L’inquiétante étrangeté des poupées
Résumé : Certains textes produisent sur celles et ceux qui les croisent un malaise dont il n’est pas toujours évident de déceler la cause. La lecture du premier conte des Shi’er xiao 十二笑 (Douze rires), recueil en langue vulgaire publié au mi-temps du XVIIe siècle, est de ceux-là. « Une idiote rencontre un idiot » (« Chiyu nü yu chiyu han » 痴愚女遇痴愚漢), c’est son titre, renvoie à bien d’autres textes dont certains, légèrement postérieurs, du grand Pu Songling 蒲松齡 (1640-1715), textes mettant également en scène des poupées qui accèdent à la vie par la volonté délirante de protagonistes imaginaires. Un regard sur certains représentants de ce corpus encore à délimiter offrira une première approche, en contexte chinois, de l’inquiétante étrangeté évoquée voici plus d’un siècle par Sigmund Freud (« Das Unheimliche », 1919). Outre le fameux « Sandman » (« L’homme au sable », 1817) de E.T.A. Hoffman (1776-1822), qui avaient retenu l’attention du fondateur de la psychanalyse, on croisera toutes sortes d’inquiétantes poupées étranges, de La poupée de Bibiena (1709-1779 ?) à l’andréide (L’Ève future, 1886) sortie de l’imagination de Villiers de l’Isle-Adam (1838-1889), jusqu’à des créatures modernes pour satisfaire les fantasmes les plus contemporains.
Pierre Kaser (Aix Marseille Univ, CNRS, IrAsia, Marseille, France) est professeur de littérature chinoise ancienne au Département d’études asiatiques de l’Université d’Aix-Marseille, membre de l’Institut de Recherches Asiatiques (IrAsia, UMR 7306), directeur de l’axe « Littératures d’Asie et Traduction », et responsable de la revue en ligne Impressions d’Extrême-Orient [https://journals.openedition.org/ideo/]. Il est également traducteur et se consacre, depuis une thèse consacrée à l’œuvre romanesque de Li Yu 李漁 (1611-1680) soutenue en 1994, à l’étude du roman en langue vulgaire et au théâtre chinois des XVIIe et XVIIIe s.
Hye-gyeong De Crescenzo-Kim – Flâner dans le Gyeongseong des années 1930 : à propos d’« Une journée du romancier Gubo » de PAK Tae-weon
Résumé : Né à Séoul en 1909 et mort en 1986 à Pyongyang en Corée du Nord, PAK Tae-weon (박태원) est l’un des écrivains modernistes coréens représentatifs des années 1930. Il observa la vie quotidienne de Gyeongseong (경성, 京城, Keijō en japonais, Séoul sous l’occupation japonaise), dans la période du modernisme colonial.
Le roman « Une journée du romancier Gubo (소설가 구보(仇甫)씨의 일일(一日), Soseolga Gubossi-ui ilil) », publié en feuilleton dans le quotidien Chosun Ilbo du 1er août au 19 septembre 1934, et édité en 1938, est considéré comme un « roman-ville » représentatif de la littérature coréenne.
Dans le roman « Une journée du romancier Gubo », le protagoniste romancier Gubo, pseudonyme de PAK Tae-weon, flâne, une canne dans une main et un cahier dans l’autre, dans les rues de Gyeongseong, alors ville coloniale. Ce roman met en lumière le « paysage » et la vie modernisés du Séoul des années 1930, et la conscience d’un intellectuel, Gubo, alter ego de l’auteur, à travers sa flânerie d’une journée – du départ de chez lui à midi au retour à deux heures du matin. Gubo ne flâne pas sans raison. Voulant rompre sa solitude, il déambule dans les rues de la capitale alors en pleine modernisation par l’occupant japonais. En flâneur/observateur/chercheur/écrivain attentif à la vie et à la ville, il assiste à la transformation de la capitale.
Hye-gyeong De Crescenzo-Kim (Aix Marseille Univ, CNRS, IrAsia, Marseille, France) est Maîtresse de Conférences de langue et civilisation coréennes au Département d’études asiatiques de l’Université d’Aix-Marseille et directrice de l’Institut de Recherches Asiatiques (IrAsia, UMR 7306). Elle mène ses recherches sur le processus de la traduction de la littérature coréenne contemporaine, en traductrice, et la représentation de la ville dans cette littérature. Elle est co-fondatrice la revue de littérature coréenne (en 2009) et de la maison d’édition Decrescenzo Editeurs (en 2011).
Louise Pichard-Bertaux – Tintin en thaï : le bachi-bouzouk siamois existe-t-il ?
Résumé : Cette intervention se situe dans le domaine de la traduction entre le français et le thaï dans le contexte bien particulier qui est celui de la bande dessinée.
A partir de l’ouvrage « Le secret de la Licorne », il s’agit de montrer des aspects de sa traduction en thaï, traduction qui est passée d’abord par le biais de l’anglais.
Le premier intérêt de cette traduction est le support particulier que représente une BD. Le format de la case, omniprésent chez Hergé, est une contrainte qui permet de comparer les traductions de façon beaucoup plus précise qu’un texte littéraire linéaire pour lequel le traducteur peut s’accorder quelques écarts ou fantaisies
Le texte dont il est question ici a été traduit du français vers l’anglais puis de l’anglais vers le thaï, ce sera donc une comparaison à trois voix. Le nom des personnages et des lieux seront examinés : que deviennent Milou, les Dupont Dupond et Rackam le Rouge en thaï ? Comment les villes et le château de Moulinsart sont-ils nommés, représentés ? Le vocabulaire des situations rocambolesques, des délires du capitaine Haddock et des discussions opaques entre les Dupontd garde-t-il toute sa saveur en thaï ? Et enfin, bien sûr, les injures du Capitaine Haddock ont-elles la même portée comique qu’en français ?
Louise Pichard-Bertaux (Aix Marseille Univ, CNRS, IrAsia, Marseille, France) est ingénieur de recherche au CNRS, affectée à l’IrAsia comme analyste de sources en langues d’Asie. Elle travaille notamment sur des corpus d’archives de chercheurs sur l’Asie du Sud-Est mais aussi sur la littérature contemporaine thaïe et sa traduction.
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